Débat, visite de travail en Normandie et conférence : une semaine chargée pour Nouvelle Donne !

Les prochains jours qui s’annoncent vont voir plusieurs de nos projets se concrétiser. Trois événements d’importance permettent à Nouvelle Donne Sciences Po de faire porter sa voix dans le débat politique.

  • Pour commencer, nous organisons le jeudi 5 février à 19h en partenariat avec l’UDI un débat inter-partis modéré par les Jeunes Européens sur le sujet Le TAFTA : projet, rejet, alternatives. L’échange se fera aussi en présence des antennes de Sciences Po du Front de Gauche, des Jeunes Socialistes, du MoDem, du Parti Socialiste, des Verts et de l’UMP. Une manière de montrer notre attachement au dialogue. Nous souhaitons réunir tout le monde autour d’une même table sur un sujet aussi crucial que ce traité.

Débat ND(Salle 34, 27 rue Saint Guillaume, entrée libre)

  • Les 6 et 7 février, notre section se déplace à Rouen à la rencontre d’acteurs de l’économie sociale et solidaire. Soucieux de confronter les théories avec la réalité et de ne pas cantonner notre action à Paris, nous avons prévu de visiter une épicerie sociale, une ferme proposant un modèle alternatif de production et une entreprise innovante spécialisée dans la vente de vélo.

Ferme des bouillonsLa Ferme des Bouillons, au programme des visites.

  • Enfin, le lundi 9 février, nous organisons une conférence à Sciences Po avec Pierre Larrouturou, co-fondateur et co-président de Nouvelle Donne, et l’économiste Jean-Paul Fitoussi, ancien président de l’OFCE, apprécié en France comme à l’étranger pour ses travaux. Une bonne occasion pour nous de mettre nos propositions à l’épreuve d’une expertise économique aussi reconnue que celle de M. Fitoussi.

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Jamais aussi peu de logements construits depuis 1997 : non au fatalisme

La plupart de nos lecteurs avaient entre 1 et 5 ans au moment où un chiffre aussi faible avait été atteint : moins de 300 000 logements ont été construits en 2014, soit le pire score depuis 1997. La chute est colossale : -10% en un an, un saut deux fois plus brutal qu’entre 2013 et 2014. Bien dommage pour le gouvernement, qui avait tablé sur 500 000 nouvelles habitations sur les douze derniers mois. Crédibilité maximale.

En cause, la crise économique, le chômage et le prix élevé de l’immobilier neuf. Cercle vicieux, donc : moins on fait construire, plus le prix de l’immobilier est cher, et moins on a les moyens de faire construire. Baisser les prix ou licencier ? Le choix dans l’immobilier se porte bien trop sur la seconde solution ; 35 000 emplois ont été détruits dans le secteur. Du travail pas très propre, donc, et la dynamique n’est pas près de s’inverser sur le long terme : la demande est en chute de 36% par rapport au niveau de 2007. Le « léger rebond » de 5% espéré par certains analystes ne risque pas de changer la donne et ne compensera pas les destructions de cette année. En admettant encore que cette mièvre reprise ait lieu.

Pour cela, il faudrait que les dernières mesures du gouvernement, qui facilitent l’accès à des prêts à taux zéro et simplifient les normes de construction portent réellement leurs fruits. Rien de très ambitieux pour sortir d’une telle spirale. En attendant, les prix risquent d’augmenter, avec de probables répercussions sur le locatif et donc sur le pouvoir d’achat des Français.

 

Des solutions existent pourtant. Elles nécessitent un peu de courage et quelques moyens, mais là où elles ont été mises en oeuvre, elles ont porté leurs fruits.

La France possède et thésaurise les 36 milliards d’euros de son fonds des retraites. Un capital non négligeable, qui est investi sur les marchés financiers. Donc très indirectement dans l’économie réelle.

Une mesure que propose Nouvelle Donne s’inspire des Pays Bas, où un fonds similaire a été investi dans un grand plan public d’investissement dans le logement. Du coup, un logement sur deux est géré par une coopérative sur ces fonds, ce qui a permis de construire des milliers de logements et de créer des emplois.

Coûteux ? Un luxe ?

L’investissement rapporterait 3,5% par an, grâce aux loyers versés. Le pouvoir d’achat des locataires pourrait s’améliorer de 2000€ par an du fait du soulagement du marché de l’immobilier, tandis que des milliers d’emplois pourraient être créés tout en faisant un pas supplémentaire vers la transition énergétique avec des bâtiments mieux isolés et respectueux de l’environnement. La liste des avantages est longue, et Pierre Larrouturou l’avait déroulée dans l’approbation générale il y a un an, lors de son passage à Mots Croisés.

Bref, il est difficile de recevoir les atermoiements de gouvernements qui se succèdent en menant des politiques classiques et usées. Des initiatives innovantes germent à quelques centaines de kilomètres d’ici, on n’a besoin que de courage politique pour les mener. Un courage qui coûte toujours moins cher que prolonger l’inertie actuelle.

Et si nous parlions du temps de travail ?

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Il est de bon ton aujourd’hui d’expliquer d’un air docte que les Français ne travaillent pas assez et qu’ils sont une honte pour le reste du monde. Dans les talk-shows, on s’indigne face à ce peuple endormi tandis que PS et UMP semblent partis dans une course vers la destruction des 35 heures à moyen-terme. Après la défiscalisation des heures supplémentaires prévue par la loi TEPA durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, François Hollande cherche de plus en plus à déverrouiller le travail du dimanche comme potentielle source d’emploi, tandis qu’Emmanuel Macron avance ses premiers pions pour remettre en cause les 35 heures.

Aller dans le sens de l’histoire :

Mais ces projets que l’on nous présente sous un visage toujours moderne et bienséant de « souplesse », de « réforme », « d’ajustement » nous semblent à Nouvelle Donne plutôt antiques et allant à rebours de la direction que prend l’histoire humaine ces derniers siècles.

La productivité industrielle dans les pays dits développés a été multipliée par cinq en un demi-siècle. La masse de richesses produites dans le monde depuis 2000 a été multipliée par deux en dix ans. Et les taux de chômage augmentent constamment ou stagnent à mesure que la croissance ralentit. Dans les pays où ce taux se maintient à de faibles niveaux (Royaume Uni, Etats-Unis, Allemagne), le bas chômage est compensé par de nombreux emplois précaires (à temps partiel ou mal payés, grâce à la souplesse du marché du travail local).

Bref, il y a donc besoin de moins en moins d’heures de travail pour produire la même chose et un nombre de plus en plus faible travaille de plus en plus. Quelle est la réaction des derniers gouvernements face à cela ? Encourager ceux qui travaillent déjà à travailler encore plus, et donc concentrer un peu plus la richesse produite.

Nouvelle Donne s’engage dans un sens conforme à celui du progrès des dernières décennies, un sens qu’espérait déjà Keynes pour libérer les travailleurs. Être plus nombreux pour produire afin de se répartir plus justement le travail est d’une logique implacable et pourtant elle semble échapper à la plupart des partis de l’échiquier politique. Il ne s’agirait pas d’une réforme rigide comme celle des 35 heures, mais bien plus d’un changement adapté à toutes les formes d’entreprises, basé sur des critères plus détaillés que la seule quantité hebdomadaire de travail. Xavier Bertrand le reconnaissait, les Français travaillent en moyenne 40 heures plutôt que 35, signe que ce dispositif doit être repensé. Il s’agirait ici, à travers un plan de la semaine de quatre jours d’encourager fiscalement les entreprises à embaucher en répartissant davantage le travail grâce à une baisse temporaire des charges salariales et patronales.

Nous avons tout à y gagner :

Les plus rétifs à ce changement argueront immédiatement que ce changement implique une baisse des salaires inexorable ou une perte en productivité énorme. Mais cela est évitable : d’une part, la réduction importante de chômage qu’entraînerait une meilleure répartition de l’emploi allègerait bien des charges à l’État et aux entreprises qui doivent indemniser les sans-emplois. De nouvelles marges qui permettraient de maintenir des salaires équivalents. Autre bénéfice d’une telle mesure : les accidents du travail, que l’on peut expliquer en partie par une suractivité des travailleurs, se verraient réduits, allégeant aussi les coûts (croissants l’an dernier) pour les entreprises et la sécurité sociale.

Quand bien même la productivité pourrait se voir dans certains secteurs diminuée dans un premier temps, il est nécessaire de porter un regard lucide sur l’état actuel des choses. La France a le troisième meilleur taux de productivité horaire du monde, rivalisant avec celui des Etats-Unis, et devançant largement l’Allemagne que l’on nous vante trop régulièrement dans les médias comme l’exemple à suivre. Un partage du temps de travail avec maintien des salaires maintiendrait la France parmi les pays les plus productifs tout en créant de l’emploi.

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Source BIT via Journal du Net

Mais les avantages d’une telle mesure ne sont pas qu’économiques. Rendre l’opportunité à des chômeurs de longue durée de travailler, c’est leur permettre de renforcer un lien social qui s’étiolait. Entre les travailleurs en proie à l’aliénation que produit une surcharge de travail et les chômeurs découragés, notre société se consume par ses deux extrémités, et le score du Front National croît en même temps que le chômage. Partager le travail, c’est donc rendre l’opportunité à tout un chacun de s’épanouir dans sa sphère privée comme professionnelle, et de dynamiser par la même occasion les secteurs en déclin de la culture et des loisirs.

Il est donc urgent de ne pas céder aux discours dégradant l’image des travailleurs français à longueur de journée en appelant ceux qui travaillent déjà à redoubler d’intensité. C’est là vouloir aliéner un peu plus ceux qui ont déjà un emploi et ceux qui ont de moins en moins d’espoir d’en trouver un. Il est temps de reprendre la main sur ce préjugé destructeur et de remettre notre marché de l’emploi dans la bonne direction.

Invitation médias : Lancement du groupe Campus de Nouvelle Donne

ND Campus

Les étudiants se mobilisent et s’organisent:

Quand : samedi 1er novembre à partir de 19h30

: Salle Festive Nantes Nord, 73 Avenue du Bout des Landes

Avec Les trois co‐présidents de Nouvelle Donne : Pierre LARROUTUROU, économiste et conseiller régional d’Ile‐de-France, Isabelle ATTARD, députée du Calvados et Patrick BEAUVILLARD, Conseiller régional d’Aquitaine

***

Pendant la campagne des européennes de 2014, Les étudiants de Nouvelle Donne ont constitué des groupes « Campus » pour donner de la visibilité au mouvement dans les écoles et universités. Organisée du 31 Octobre au 2 novembre à Nantes, la première convention nationale des « Campus » A pour  but  de favoriser la coordination des 13 groupes « Campus » locaux, de réunir les militants et sympathisants afin d’échanger et de créer des liens entre les étudiants de France engagés pour Nouvelle Donne. Ce week‐end sera également l’occasion de rédiger et d’adopter une charte éthique propre à Nouvelle Donne Campus qui détaillera les bases de l’organisation ainsi que ses principes fondamentaux, comme l’ont fait les fondateurs de Nouvelle Donne il y a un an.

Le samedi 1er novembre, à partir de 19h30, se tiendront trois tables rondes auxquelles participeront les étudiants de Nouvelle Donne.

  • Une Nouvelle Donne démocratique, animée par Patrick Beauvillard
  • Une Nouvelle Donne pour le climat, animée par Isabelle Attard
  • Une Nouvelle Donne contre le chômage, animée par Pierre Larouturou

Contact : Maïlys Ducourneau
06 79 30 72 89
mailysducournau@gmail.com

À propos

Nous sommes l’antenne de Nouvelle Donne à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Nouvelle Donne est un parti créé en novembre 2013 offrant des alternatives politiques dans le débat public.

Nouvelle Donne n’attend pas la croissance pour relancer l’activité. Elle offre un modèle novateur fondé sur la participation citoyenne. Démocratie, chômage, climat, logement, Europe, monnaie et justice sociale : l’ensemble des propositions du parti est disponible sur nouvelledonne.fr

Ce site a pour vocation de faire part aux étudiants de Sciences Po des activités de notre groupe et des débats sur lesquels notre parti s’engage.

Nouvelle Donne indispensable en France, indispensable à Sciences Po

  • Sciences Po a un devoir de représentativité

Laboratoire de la vie politique, Sciences Po a toujours été un modèle en matière de représentation des sensibilités politiques, depuis l’UMP jusqu’au Front de Gauche. Si cela peut s’expliquer par la fait que les étudiants sont portés de par la nature même de leurs études à s’investir en politique, il n’en demeure pas moins que cette sensibilité s’accompagne d’un devoir de représentativité.

Cette responsabilité prend ainsi tout son sens au moment de la procédure de reconnaissance des associations, moment fort de la vie étudiante de Sciences Po Paris. Plus de 100 associations cherchent en ce moment à recueillir les soutiens des élèves, qui disposent de 4 jours pour déterminer quelles associations seront reconnues officiellement par l’IEP.

  • Redéfinir l’urgence par 20 propositions

C’est dans cette optique que Nouvelle Donne Sciences Po a vu le jour. Dans un contexte de crise démocratique, économique, sociale et financière, le moins que l’on puisse dire est que l’intérêt collectif est dans un sale état. La montée du vote extrême souligne ce rejet ambiant de l’état actuel de la politique, l’abstention a pu montrer cette domination des intérêts particuliers, de même que le manque de créativité du débat politique révèle l’endormissement du citoyen. Endormissement ou indignation ?

Nous souhaitons redéfinir la pluralité politique en France, exposer nos idées, et être entendus. A l’échelle de notre petit monde qu’est le 27 rue Saint-Guillaume, il s’agit de participer au même titre que les autres mouvements politiques de Sciences Po à la vie étudiante.

  • Une Nouvelle Donne de 550 000 électeurs

Créé en novembre 2013 sous l’impulsion de Pierre Larrouturou, ou encore Bruno Gaccio Nouvelle Donne est née à la suite du Collectif Roosevelt, et se veut un politique alternatif, offrant une vision renouvelée de la sortie de crises. Nouvelle Donne présente 20 propositions concrètes et efficaces, dans ces domaines cruciaux que sont le logement (utilisation du fonds de réserve des retraites pour financer la construction comme cela se fait aux Pays-Bas), l’entreprenariat (priorité donnée au développement des PME plutôt qu’à l’entretien des grands groupes du CAC40), la construction européenne, un meilleur partage du temps de travail… Nouvelle Donne a aussi l’ambition de construire le parti politique du XXIe siècle par l’organisation de sa démocratie interne : les militants définissent l’architecture du parti, exercent des responsabilités limitées dans le temps et adhèrent à une Charte Éthique unique dans le paysage politique français.

Le Collectif Roosevelt a d’ailleurs été reconnu en 2013 à Sciences Po sur le fondement de 15 propositions qui ont par la suite été reprises par Nouvelle Donne, preuve de la réceptivité des étudiants à cette nouvelle offre politique.

Avec plus de 10 000 adhérents, Nouvelle Donne Sciences Po est légitime pour représenter les étudiants de l’IEP partageant ses idées, ou au moins sa prétention à en formuler de nouvelles. Aux élections européennes, Nouvelle Donne a d’ailleurs mobilisé près de 550 000 voix. Partie de zéro, cette jeune formation politique a donc réussi à attirer 3% des suffrages exprimés en seulement 6 mois d’existence.

Nouvelle Donne Sciences Po est ainsi en train de faire sa place au sein de Nouvelle Donne Campus, le groupe étudiant des sympathisants de Nouvelle Donne. Se faire connaître, sensibiliser l’école à ses idées innovantes, et in fine encourager les adhésions au parti est doublement positif: les étudiants motivés auront l’occasion de s’investir dans un mouvement jeune, en pleine construction et dynamique, et Sciences Po pourra confirmer sa qualité d’institution modèle en matière de pluralité politique et d’ouverture d’esprit.

Enfin, les nombreux mouvements politiques représentés à l’IEP ont fait part de leur désir de discuter et de créer des événements communs, dans l’objectif de renouveler l’offre intellectuelle des débats de Sciences Po. Permettre à Nouvelle Donne Sciences Po d’être reconnu le dimanche 5 octobre, c’est accepter de laisser entrer dans les murs de notre institution l’opinion d’un demi-million de français.

Juliette D’Angelo et Camille Renault